01 avril 2010

ça devient interminable

Hellow Noboby!

J'ai le sentiment étrange d'avoir le devoir d'écrire ici, allez, au moins une fois par semestre quoi XD
Même si c'est pour personne d'autre que pour moi. Sûrement qu'un jour, comme le reste, ce blog se détachera de ma vie, et, petit à petit, sans que je m'en aperçoive, disparaîtra complètement, sans heurt, sans bruit, sans combat, dans cette sorte de néant infertile où passent toutes les choses qu'on a aimé et qu'on a pas su garder. Longue la phrase hein? Je me ferais taper sur les doigts pas mon prof de français préféré <3.

Pour une fois je vais d'abord aller droit au but avant de tergiverser, ça économisera de la lecture et une attention démesurée à mes propos pour arriver jusqu'à la fin :
Je suis dans une sorte de crise profonde de personnalité.
A croire que j'en invente de nouvelles quand je m'ennuie. C'est toujours aussi fatiguant...
Oh, j'ai toujours les mêmes convictions premières, c'est d'ailleurs mes seuls points de repère, comme si j'étais accrochée à une épingle d'or plantée fermement dans l'air au dessus d'un océan infini, un océan de furie.

Et puis j'avance toujours, je le sais. Seulement parfois, je me demande si j'avance réellement, si les choses que je vois s'améliorer sont réelles ou que ce sont juste des excuses à ma paresse. Parfois ma foi en moi vacille, et de plus en plus souvent.
Comme je vois toujours les choses constructives des événements, je pourrais dire que c'est une bonne occasion de me confronter, à un certain niveau de maturité, différent d'il y a quelques années et différent du moment où j'ai adopté mes principes et une certaine vision de moi, une bonne occasion de me confronter à ce qui est vrai en moi, ce qui est réellement moi et non ce que je crois ou ce qu'on m'avait fait croire de moi.
C'est super.
Non dans l'absolu c'est même mieux que ça. Mais en réalité, je n'ai pas de répit. Et je dis toujours avancer, et je suis heureuse d'avancer, mais ça fait des années maintenant que je lutte contre la gravité, que je monte doucement mais sûrement la montagne, que je veux le faire bien ou pas le faire, et que je prends donc le temps nécessaire pour décider de qui je veux être de par mes actes.
Mais ça devient interminable. Si c'est le titre de ce post c'est que c'est aussi le sentiment prépondérant qui m'enveloppe le coeur en ce moment.
Ce n'est pas comme si je pensais mériter la récompense d'un peu de repos, mais, avec le nez cloué au sol pour forcer mes jambes à continuer de faire des pas, j'ai le mauvais sentiment de ne jamais voir le fruit de mes efforts, de ne pas pouvoir mesurer la valeur de ce que j'ai gagné comme tant d'autres en souffrant, et je me demande parfois même si mon sommet existe, ou si au moins le brouillard va finir par se dissiper et que je pourrai voir le chemin d'un peu plus haut.

Je veux des ailes. Pour voler loin, loin de mon coeur, loin de mes défauts et de mon humanité, loin des mots et de la pensée, loin des exigeances, des contraintes extérieures comme intérieures.

Je me sens piégée, parce que je ne déploie plus assez d'énergie pour m'arracher du sol, pour m'ébrouer et enlever toute cette glue pourrie de mon corps, cette glue qui dévore ma volonté, mon temps, ma vie.
Je me hais de ne pas arriver à trouver cette force en moi pour le faire toute seule, je me hais de ne pas totalement arriver à ne toucher personne avec cette dégueulasserie sous-humaine.

Je refuse de demander de l'aide à qui que ce soit, je pars du principe que la personne la mieux placée pour me comprendre et pour me tendre la main c'est moi. De plus, jamais je ne pourrai prétendre aider ceux à qui je tiens si je ne peux pas le faire pour moi. Enfin, entraîner quelqu'un dans mon tourbillon, à moi, que je sais maintenant ne vraiment pas représenter la moyenne des gens, moi si bizarre et qui comprend maintenant tellement bien pourquoi je n'étais pas à l'aise avec les gens en général -je dois être d'une autre espèce >< -, serait purement égoïste et contre productif.

Malheureusement, je comprends maintenant tellement mieux ce qu'est un ami. On dit "perdre un ami", on en parle, c'est chiant etc, mais c'est faux. Avoir de la douleur de la perte d'un ami prouve son existence au sein d'un esprit et d'un coeur, c'est son action future d'éloignement qui est douloureuse pas son absence concrète, car il est toujours là, proche dans le temps, dans la mémoire, dans les faits de tous les jours. Et même si cet ami est "irremplaçable", il y en a plein d'autres qui vous apportent autre chose, vous consolent et vous cachent complètement toute une part de l'ami que vous avez perdu.
Ce n'est pas autant la personnalité que cette inacceptable différence avec nous-mêmes qui est agréable, inestimable.

Je me rappelle d'un garçon au collège qui avait la tête parfaite d'un polard : lunettes chemise pantalon bien repassé petite valisette de cuir, tout le temps sur le banc en train de lire.
Une fois, je ne me rappelle plus dans quelle conversation exactement, mais en tous cas dans une tentative de communication -car ce garçon m'intriguait-, il a levé la tête de son livre, m'a regardé bien en face et sans aucune animosité, avec une pure et terrifiante curiosité dans la voix, il avait demandé : "mais, de toutes façons, à quoi ça sert un ami?"
Et je me rappelle bien de cette sensation de frustration intellectuelle intense, car j'ai toujours été "miss réponse à tout", qui réfléchissait à tout et qui, si elle n'avait pas de réponse, avait au moins une réflexion sur le sujet. Je suis restée sans voix moi-même sous le choc de m'apercevoir que je n'avais pas la réponse à cette question, pas le moindre indice, pas la plus légère pensée.
Bien sûr, je sais parfaitement pourquoi je ne pouvais rien en savoir. Je le vivais, j'étais bien plus que maintenant complètement immergée dans mes sentiments, au point de pouvoir me laisser traîner dans la boue pour eux. Je savais qui était mon ami, mes amis, mais ils ne représentaient à l'époque qu'un tas de sentiments en boule, parsemés de souvenirs, de rires et de pleurs, d'attentes, de surprises. ça n'expliquait en rien quel intérêt concret j'avais à entretenir des relations amicales!

Aujourd'hui je pense en avoir une idée. C'est même pas l'absence qui m'a fait comprendre, pas la perte qui devrait laisser une marque bien plus lisible que la présence, non.
C'est le temps qui passe. La cinétique de différenciation en somme. Certains amis vous poussent à tout donner. Certains amis vous foutent des baffes qui vous font voir les choses tout à coup à l'envers. Certains amis sont une force extérieure qui apporte de la diversité intellectuelle. Mais tous font devenir meilleurs. Même les pires.
Les amis vous font changer. Et vous faites changer vos amis. L'anecdote d'un tic de langage repris à l'unisson par tous les membres d'un groupe de potes en est un exemple imagé et simple qui illustre bien le phénomène.

Voilà. J'ai trouvé l'aspect purement et égoïstement utilitaire des amis. Même si je sais pertinemment que ce n'est pas QUE ça, un ami.Seulement le reste ne se comprend pas avec la raison et chacun doit s'écouter pour le savoir.

Satifaction. J'aimerais retourner dans le passé parler à ce garçon gentil pour lui expliquer les bénéfices de l'amitariat. (ouais je sais vous auriez dit amitié mais j'avais besoin d'un mot plus formel et administratif pour faire ressortir le côté calculatoire de la chose ^^)

Je ne pense pas que je ne devienne sans coeur et sans sentiment envers autrui en analysant les choses de cette manière. Au contraire, savoir pourquoi j'aime m'évitera des erreurs de jugement dues à mon caractère lunatique et pimenté. Et dieu que j'en ai fait. Savoir expliquer les choses ne leur enlève pas leur caractère sacré, miraculeux, ou je ne sais quoi. Après tout, nombre d'éminents scientifiques croient en Dieu.

J'ai plein de petits problèmes techniques et concrèts en ce moment, à tous les niveaux, mais j'ai pas envie d'écrire pour me plaindre. Je préfère réfléchir.

Je suis lasse.
Il y a des gens qui comptent sur moi ou qui ne me connaissent pas dans ma "réflexion" et mes problèmes métaphysiques, ou qui ne connaissent pas l'importance que ça a sur ma vie et mon humeur, qui trouveraient ça vain ou trop compliqué dans leur vie à eux déjà bien top remplie... Je ne veux pas inonder le monde extérieur de trop de fouillis de moi.
Je ne peux donc pas montrer que je suis lasse, sinon il faudrait expliquer pourquoi. Montrer que je suis lasse serait comme avouer que je suis lasse et me rendrait obligée de tout étaler en détail. J'ai pas envie.

Parfois je ne sais pas ce que je dois faire, parce que je ne sais pas ce que je veux, mais qu'il faut quand même décider.

Je suis vraiment fatiguée de l'intérieur. je patauge. Et j'en ai marre, ça devient interminable. Je voudrais en sortir, mais si j'en sors trop tôt je serai une préma de ma vie, je le regretterai jusqu'à ma mort.

Oh, je suis fermement convaincue que, comme d'hab, c'est le prémice d'une amélioration bientôt à venir, donc je ne m'en fais pas trop. enfin... pas trop quoi.

Un jour je serai fière de moi, de ne pas avoir abandonné malgré le peu de respect que j'ai pour moi et le mépris que je m'inspire. malgré le dégoût de ma faiblesse. un jour. Mais ce n'est pas aujourd'hui encore *sigh*.

Tout ira bien ^^

Posté par Naryen à 00:48 - Commentaires [9] - Permalien [#]


Commentaires sur ça devient interminable

    Bleuhah.
    Connecte-toi sur MSN un jour tiens.

    Posté par L., 01 avril 2010 à 12:16 | | Répondre
  • Adrien n'était pas un gentil garçon mais un insigne connard qui tabassait sa petite sœur. Et il n'avait pas que ça comme graves problèmes psychologique.

    Posté par T., 01 avril 2010 à 21:28 | | Répondre
  • O.O

    T : j'ai pas dit gentil garçon mais garçon gentil *rolleyes*
    Euh mais comment tu sais ça toi?

    L : trop de boulot en ce moment pour msn ^^' je ne me connais que trop bien!

    Posté par Naryen, 01 avril 2010 à 22:26 | | Répondre
  • J'ai vu la tronche de sa sœur un jour au collège. Et puis réfléchis bien. Des infos que je ne lâche pas sur internet mais que tu connais. Genre le boulot de papa par exemple.

    Posté par T., 01 avril 2010 à 23:57 | | Répondre
  • arf.

    Posté par Naryen, 02 avril 2010 à 01:10 | | Répondre
  • C'est tristement vrai, la petite soeur en question m'en avait parlé à demi mot une fois...

    Posté par Merryl, 06 avril 2010 à 23:13 | | Répondre
  • Non mais genre mes affirmmations ont besoin d'être confirmé par un tiers ! Tu apprendra ma charmante Pam que tout ce que je dis n'est que la strict vérité !
    D'ailleurs ce site, a l'instar de la robe est bleu....

    Posté par T., 07 avril 2010 à 10:23 | | Répondre
  • Aaaah cette fameuse robe... http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Art_d%E2%80%99avoir_toujours_raison

    ^^

    Posté par Merryl, 07 avril 2010 à 16:34 | | Répondre
  • Je suis fan de ce bon vieux Arthur ! Mais tu remarqueras que j'ai gagné cette réputation avant d'avoir lut ce bouquin. (J'ai du le lire en première année de fac et j'ai gagné cette réputation au lycée.)

    Ce qui fait de moi un gros con

    Posté par T., 08 avril 2010 à 05:23 | | Répondre
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